Nicolas Boussin : « C'est un échange permanent »
- 9 juin
- 3 min de lecture
Trésorier de la Team France Pâtisserie, Meilleur Ouvrier de France Pâtissier 2000, Champion de France du Dessert 1994

Il y a des hommes qui portent leur pays avec une fierté tranquille, sans effets de manche, sans grandiloquence, mais avec une constance qui force le respect. Nicolas Boussin est de ceux-là. Meilleur Ouvrier de France Pâtissier en 2000, Champion de France du Dessert en 1994, ancien directeur de la pâtisserie de la Grande Épicerie de Paris, ancien chef exécutif de la Maison de l'Excellence Savencia - Elle & Vire, aujourd'hui consultant indépendant et trésorier de la Team France Pâtisserie, son parcours est celui d'un professionnel qui a toujours mis son savoir-faire au service des autres. Quand il parle de la Coupe du Monde, c'est avec cette conviction intime que défendre la France n'est pas seulement un honneur, mais un devoir.
Le côté cocardier, bleu-blanc-rouge
Nicolas Boussin ne cache pas son attachement viscéral à la France. Ce n'est pas du patriotisme de façade, c'est quelque chose de plus profond, de plus ancré. Quand il évoque son engagement au sein de la Team France Pâtisserie, c'est avec une simplicité désarmante, celle de quelqu'un pour qui les choses sont claires depuis toujours.
« Ce qui m'a vraiment plu dans l'histoire de la Coupe du Monde et d'aider l'équipe de France, il y a toujours le côté cocardier, bleu-blanc-rouge. Moi, j'aime beaucoup mon pays et je pense qu'il faut faire la promotion de notre pays et, en l'occurrence, de la pâtisserie française. »
Pour lui, un Meilleur Ouvrier de France a un devoir moral envers les générations suivantes. Le col tricolore n'est pas un trophée que l'on range, c'est une responsabilité que l'on assume. Accompagner une équipe de France dans sa quête du titre mondial, c'est la traduction la plus naturelle de cet engagement.
« Je pense que c'est vraiment le devoir d'un Meilleur Ouvrier de France d'accompagner une équipe de France pour essayer qu'elle décroche le Graal. La victoire. »
Un échange, pas un cours magistral
Ce qui est remarquable dans la façon dont Nicolas Boussin décrit son rôle de coach, c'est l'humilité. Là où d'autres parleraient de transmission descendante, de maître à élève, lui parle d'échange. D'un mouvement dans les deux sens, où le savoir circule librement entre les générations.
« Ce qui est très intéressant dans le fait d'entraîner des équipes comme ça, des jeunes, c'est l'échange. Parce qu'on dit qu'on apporte notre savoir-faire, mais en vérité, c'est un échange permanent et on rebondit d'une idée à l'autre. »
C'est aussi intéressant de donner que de recevoir, dit-il. Les remarques des candidats, leurs problèmes techniques, leurs questionnements obligent les coachs à réfléchir autrement, à trouver des solutions nouvelles, à rester en mouvement. La jeunesse ne se contente pas de recevoir un héritage, elle le questionne, et c'est précisément dans cette friction créative que naît le progrès.
Les partenaires, pilier indispensable
Nicolas Boussin est aussi l'un de ceux qui mesurent le mieux l'importance des partenaires dans l'aventure de la Coupe du Monde. En tant que trésorier de l'association, il connaît les réalités financières d'une préparation de ce niveau. Mais au-delà des chiffres, c'est une relation bien plus riche qu'il décrit.
« Sans partenaires, on ne pourrait pas se bagarrer pour la victoire. Avoir les partenaires, ça fait partie intégrante de notre métier. Ils nous aident, ils créent pour nous, ils innovent pour nous. Nous, on les challenge pour qu'ils nous trouvent des nouveautés. C'est un échange entre nous. »
Cet échange, cette émulation mutuelle entre pâtissiers et partenaires, c'est selon lui ce qui fait la force de la pâtisserie française. Un écosystème vertueux où chacun tire l'autre vers le haut, et qui contribue à maintenir la France au sommet de la discipline.
Un conseil pour les futurs candidats
Quand on lui demande ce qu'il dirait à un jeune pâtissier qui rêve de compétitions internationales, Nicolas Boussin répond avec le bon sens et la bienveillance d'un professionnel qui a accompagné des dizaines de candidats dans leur préparation.
« Il ne faut pas brûler les étapes. Il faut d'abord apprendre ses bases. Et puis bien s'entraîner. Aller chercher l'information, regarder, faire des stages, et progressivement, monter progressivement, faire des petits concours et grimper. »
Pas de raccourci, pas de formule magique. Juste du travail, de la curiosité, et cette envie de toujours aller plus loin qui finit par mener aux sommets. Et quand on y arrive, quand on entend tout le monde crier « Team France », là, dit-il avec un sourire, c'est magique.




Commentaires